Les élus, l’Etat et le patrimoine
Alain Marinos, inspecteur général de l'architecture et du patrimoine
Une première écriture de cet article est parue dans le n° 51/52 « ZPPAUP : un
dialogue d’avenir » de la Pierre d’angle.

Depuis les lois sur la décentralisation des années 1982/83, face à l’ampleur prise par les protections du patrimoine, l’Etat cherche comment transférer aux collectivités territoriales des compétences en la matière. Or, le système français fondé sur le concept de « biens commun de la nation » et sa défense contre les abus locaux s’avère difficilement décentralisable, comme en ont témoigné les tergiversations sur le transfert de compétences sur les monuments historiques inscrits ou la création d’un niveau supplémentaire de protection monumentale, dite du « 3ème type ». Cependant, une forme particulière de décentralisation du patrimoine a débutée à la fin des années 1970 et s’est développée au début du XXIème siècle. Elle n’a pas été décidée, ni ordonnée : aucune loi, aucun décret, juste une évolution des pratiques. Loin du débat récurrent sur les crédits de travaux alloués aux monuments historiques, elle investit progressivement le champ de l’urbanisme et de l’aménagement de proximité, dans un esprit de partage de compétences avec l’Etat, à l’équilibre fragile.
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Mis à jour (Vendredi, 02 Juillet 2010 21:22)