« Pour mémoire » - La loi de 1930 à l’épreuve du temps : les sites, atouts pour les territoires
Actes de la journée d’études du 29 novembre 2010
Revue du ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
Octobre 2011
Ce numéro présente l’intégralité des actes du colloque «La loi de 1930 à l’épreuve du temps : les sites, atouts pour les territoires», organisé le 29 novembre 2010 à la Maison de la Chimie, à Paris, par la direction générale de l’Aménagement du Logement et de la Nature (DGALN) et le Comité d’histoire, à l’occasion des 80 ans de la loi du 2 mai 1930. Quelques contributions écrites viennent compléter ces actes.
Cette journée s’est inscrite dans la continuité des manifestations de l’année 2006, année du centenaire de la loi du 21 avril 1906, qui a été la première loi relative à la protection des monuments naturels et des sites et la plus ancienne des lois de protection de la nature. Elle avait été défendue au Parlement par Charles Beauquier (en médaillon sur la couverture de la revue), alors député du Jura et président de la Société pour la protection de l’esthétique de la France, au nom des protecteurs de la nature.
Les analyses, les témoignages et les échanges qui ont été recueillis au cours de cette journée ont convergé vers un constat rassurant : la loi de 1930, seule loi nationale qui permet de protéger durablement les paysages, a fait la preuve de sa solidité, de son efficacité, et de sa longévité. Depuis des décennies la politique des sites s’est poursuivie. Elle perdure sur la base de quelques règles simples dont la rusticité et la souplesse ont permis à cette politique patrimoniale de s’adapter en permanence aux changements intervenus au cours de ces 80 années.
Ainsi, en un peu plus d’un siècle, ce sont 1,5% du territoire, soit 2700 sites de toutes natures et de toutes dimensions, qui ont été protégés par le classement de monuments naturels, de grands ensembles paysagers, naturels ou façonnés par l’homme, et d’ensembles bâtis. Il s’agit tantôt de lieux singuliers créés par les caprices de la nature ou les extravagances du génie humain, tantôt de lieux de mémoire marqués par les évènements de la grande histoire ou par la légende. Ces sites sont représentatifs de la richesse et de la diversité des paysages et des valeurs du territoire national. Cette journée a été l’occasion d’entendre les témoignages d’acteurs qui ont joué par le passé et qui jouent encore aujourd’hui un rôle déterminant dans l’animation et le succès de cette politique publique. Grâce à la mobilisation, la compétence et la ténacité des agents de l’État - inspecteurs de sites et services du ministère -, à la détermination d’élus conscients de la valeur de leur territoire et aussi à l’appui d’associations à l’action de l’État, il est possible de vaincre les résistances, les préjugés, les oppositions frontales chez ceux qui ne comprennent pas toujours d’emblée l’intérêt des mesures de protection.
La reconnaissance de la valeur patrimoniale des lieux par un classement n’entraîne plus la mise sous cloche des espaces protégés. Elle est bien souvent un atout pour les territoires concernés et même un moteur de développement local, dès lors que les projets qui s’y font servent les sites sans les dénaturer. Comme en ont témoigné les gestionnaires de ces espaces, les sites, constitués de plus en plus souvent de grands ensembles naturels ou de grandes unités paysagères, sont des territoires vivants à partir desquels se bâtissent des projets, pour faire revivre des pratiques oubliées, accueillir, donner à voir, cultiver la mémoire, susciter la surprise, l’émotion dans le respect de l’identité et de l’esprit des lieux. C’est le pari de l’avenir.
Un hommage particulier doit être rendu à l’action de Paule Albrecht qui, en sa qualité de présidente de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France, était venue faire part de ses interrogations face aux nouveaux défis auxquels les sites et les paysages qu’elle défendait sont aujourd’hui confrontés. Elle s’est éteinte le 3 juillet 2011.
Je tiens, enfin, à adresser mes plus vifs remerciements à Monique Turlin, chef du bureau des sites et espaces protégés à la DGALN, et à son équipe, pour leur contribution à l’organisation de cette journée et à la réalisation de cet ouvrage.
Patrick Février
Secrétaire délégué du comité d’Histoire

Mis à jour (Mardi, 13 Décembre 2011 22:06)