"CONSTRUIRE!" - La question du logement social et les dangers qui planent sur elle et l’architecture.

Les tables rondes de "Constuire!"
Samedi 31 mars à 10h, 4 place Saint-Germain des Prés à Paris 6e


La question du logement s’est imposée comme une évidence dans la campagne électorale pour les présidentielles. Les candidats, les partis, syndicats, associations s’en sont saisies à juste titre pour débattre et développer leurs propositions.

Malgré les différents programmes politiques des uns et des autres, une certaine convergence est apparue lors de la signature du «  contrat social pour une nouvelle politique du logement » proposé par la Fondation Abbé Pierre.
On pourrait se féliciter de cette convergence sur cette « plate-forme minimum » pour « faire du logement une priorité nationale », mais le minimum est-il suffisant pour tenir ses engagements, surtout s’il évite la cause réelle des blocages?

Ainsi par exemple, il y a convergence pour une «  programmation pluriannuelle de 500 000 logements dont 150 000 logements locatifs vraiment sociaux. », selon les termes de ce contrat. Certains avancent d’autres chiffres : 200 000, 250 000 logements/an.
Le « Cri d’alarme » initié par des architectes pour la construction d’un million de logements publics locatifs, auquel Construire! a adhéré et s’est fait l’écho, aurait-il partiellement été entendu ? Faut-il débattre pour savoir si le million de logements nécessaire doit se construire en en trois, quatre ou cinq ans ?

Au-delà des chiffres et des apparentes bonnes volontés de chacun, ne faut-il pas aussi s’interroger sur les véritables raisons qui bloquent la construction du logement en général et du HLM en particulier ?
N.Sarkozy aussi s’était engagé à produire 500 000 logements par an dont 120 000 logements sociaux alors qu’il ne s’en construit que 350 000 dont à peine 70 000 logements HLM. Ou sont les obstacles ?

Le financement public du logement HLM a disparu d’année en année malgré les gouvernements successifs de droite et de gauche qui n’ont jamais remis en cause la loi Barre de 1977 qui a condamné l’aide à la pierre au profit de l’aide à la personne.
Le rétablissement de l’aide à la pierre n’est-il pas la réelle priorité nationale ?
Le même « contrat social » issu de la fondation abbé Pierre consacre une ligne à cette question. Il engage à « redonner une place prépondérante aux aides à la pierre dans le financement du logement social. » Dont acte, mais peut-on s’engager à augmenter l’aide à la pierre sans augmenter les déficits publics que tous veulent réduire ?
Comment augmenter l’aide à la pierre demain tout en en respectant les traités Européens qui imposent aujourd’hui la baisse de tous les budgets publics ?

Peut-on attendre demain pour régler les problèmes d’aujourd’hui ? Les traités signés ou adoptés en ce moment ne vont-ils pas conditionner les promesses pour demain après les élections ?

Que constatons-nous aujourd’hui ?
Toutes les décisions en matière de logement sont bonnes à prendre à partir du moment où elles sont « Euro-compatibles » et ne coûtent pas un centime de plus au budget de l’Etat.
On l’avait compris avec le « tous propriétaires », mais la vente des HLM, le pillage du 1% logement, le retrait de l’Etat du financement de l’ANRU ne sont qu’un moyen de contourner l’abandon du financement public du logement.
L’appel aux PPP dans un autre domaine procède de la même politique. Qui les remet en question ?
De même, qui peut croire aux dernières trouvailles pour relancer la construction de logement telles que : autoriser un étage de plus, 30% de constructibilité en plus, 40m2 sans permis au lieu de 20m2 ?

On pourrait sourire de ces « dernières trouvailles », si elles n’allaient pas à coup sur accentuer la déréglementation des droits à bâtir et du code de l’urbanisme sans pour autant avoir un quelconque effet sur la production de logements.
La déréglementation, c’est la complication introduite par le nouveau calcul de la « surface de plancher » qui ne prend en compte que les surfaces intérieures alors que la réforme du permis de construire dispense de produire les plans intérieurs des bâtiments.
Ce nouveau mode de calcul va augmenter de fait les surfaces constructibles sans architecte.
Au nom de l’environnement on favorise l’isolation des murs extérieurs, mais on pénalise l’architecture bioclimatique en incluant les surfaces closes et vitrées dans la « surface de plancher ». Contradiction ou volonté de tout bouleverser pour mieux supprimer toutes les règles qui seraient des freins à la construction ?

Peut-on défendre la qualité architecturale et urbaine dans un contexte de pénurie de logements, de baisse de la commande publique et des multiples dérogations aux règles de constructibilité établies par les collectivités locales ?

Accuser, comme il se fait, les maires qui ne voudraient pas construire du logement, n’est-ce pas encore une fausse bonne idée alors que les responsables du blocage du financement du logement sont ailleurs ? Peut-on dénoncer le désengagement de l’Etat et réclamer une « autorité organisatrice et régulatrice de l’habitat et du logement au niveau de l’agglomération » et des « transferts de pouvoir au niveau du bassin d’habitat », comme le fait le contrat social signé par les candidats ?

La question du manque de terrains pour la construction de logements HLM est réelle. Que vaut l’engagement de « mettre à disposition gratuite les terrains disponibles de l’Etat ? » La propriété de l’Etat est devenue propriété d’établissements publics aux subventions supprimées, contraints de gérer leurs budgets en équilibre et de trouver des recettes en vendant leur patrimoine. Dans ce contexte de réduction des crédits publics, quel organisme déclarera avoir des « terrains disponibles » sachant qu’ils leur seront confisqués gratuitement ? Y aura-t’il encore des terrains de l’Etat « disponibles » ?
Autant de questions, autant de solutions qui ne manquent pas d’imagination et qui méritent débat.

Les drames de la crise du logement se multiplient. Dans le même temps, un architecte sans travail met fin à ses jours à Créteil et deux mères de famille sans logements se suicident à Saint Denis. Est-il osé de faire le lien entre ces drames ?
Le blocage de la construction de logements a déjà fait pas mal de victimes, personne ne peut laisser faire, mais le débat reste ouvert pour dégager les moyens d’en finir avec cette politique dévastatrice.

Ne faut-il pas au plus vite rompre avec ces traités Européens de privatisation et de réduction des dépenses publiques et autres « règles d’or » qui vont s’imposer aux gouvernements à venir quel que soit le candidat élu ?
Ne convient-il pas dès maintenant de se regrouper pour agir ensemble en ce sens ?


Toutes ces questions et bien d’autres encore pourront être débattues au cours d’une table ronde à laquelle vous êtes invités le samedi 31 mars à 10h dans les Locaux de la Société pour l’encouragement de l’industrie nationale, 4 place Saint-Germain des prés à Paris 6e

Le comité de Rédaction de Construire!

Merci d’éclairer ce débat en y participant

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Faites nous savoir si vous serez présents à notre table ronde du samedi 31 mars.

Mis à jour (Dimanche, 18 Mars 2012 22:02)