Patrimoine mondial : l'Unesco place le golfe de Porto sous surveillance
Localtis - le 4 juillet 2012
Par Jean-Noël Escudié

Longtemps considéré comme un distributeur de labels touristiques, le comité du patrimoine mondial de l'Unesco se montre de plus en plus exigeant vis-à-vis des gestionnaires des sites inscrits sur sa liste. En 2009, il n'avait pas hésité à en retirer la vallée de l'Elbe et la ville de Dresde, pour n'avoir pas empêché "la construction d'un pont à quatre voies au coeur de ce paysage culturel". Même si cette décision ne semble pas avoir nui à la fréquentation touristique de la capitale de la Saxe, elle a résonné comme un coup de tonnerre, notamment parmi les pays développés qui se croyaient à l'abri de ce genre de sanction.
Aujourd'hui, ce sont deux dossiers français qui font - entre autres - l'objet de l'attention du comité, qui tient sa 36e session à Saint-Pétersbourg du 24 juin au 6 juillet 2012. Le premier concerne la mise sous surveillance du golfe de Porto (Corse), inscrit en 1983. Ce site naturel, dont la végétation constitue "un remarquable exemple de maquis" et qui abrite également "une riche vie marine", comprend les calanques de Piana (ou Calanche), le golfe de Girolata et la réserve de la Scandola. Sa mise sous surveillance tient à la pression touristique de plus en plus forte qui s'exerce sur la zone, mais aussi et surtout au récent renouvellement d'un permis de prospection pétrolière maritime au large du Var et des Bouches-du-Rhône, autrement dit à moins de 150 kilomètres du site. Pour le comité - qui demande à la France une évaluation préalable de l'impact environnemental de ces travaux -, ces forages, même exploratoires, "pourraient avoir d'importants impacts négatifs irréversibles et non compensables sur la valeur universelle exceptionnelle du bien".

 

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Mis à jour (Jeudi, 05 Juillet 2012 21:18)