Si cher patrimoine
Le Monde - le 15 septembre 2012
Par Raphaëlle Rérolle

L'appétit des Français pour leur patrimoine est apparemment sans limites. Eglises, mairies, châteaux, usines, ponts et jusqu'au lavoir de village... Les lieux classés sont régulièrement pris d'assaut lors des Journées du patrimoine, qui se tiennent cette année les 15 et 16 septembre. Un sondage paru dans Beaux Arts magazine, en 2002, mettait déjà ce phénomène en évidence : à la question de savoir s'il valait mieux défendre le patrimoine ou la création, les intéressés votaient massivement pour les trésors du passé. Cette fringale, largement encouragée par les pouvoirs publics, ne va pas sans soulever des questions. Car s'il est une source de revenus touristiques, le patrimoine a aussi un coût, et pas des moindres.

Financier d'abord, puisqu'il faut le restaurer, l'entretenir, le mettre à la disposition du public, à des prix bien plus élevés que pour les bâtiments ordinaires. Sur un budget de 3 milliards d'euros, le ministère de la culture lui en consacre déjà 870 millions, soit près du tiers. De façon symptomatique, les fortes tensions actuelles sur le budget de la culture devraient davantage affecter les gros établissements (Louvre ou Opéra de Paris) que la création ou le patrimoine. Or ce dernier a la particularité de s'accroître, et donc d'être de plus en plus glouton, surtout depuis la fin des Trente Glorieuses.

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Mis à jour (Dimanche, 16 Septembre 2012 09:18)