Ici, on ne prie plus
Le Monde - le 23 novembre 2012
Par Philippe Ridet/Photos Andrea Di Martino


On ne connaît pas leur nombre. Personne, ni l'Eglise ni les institutions culturelles, n'a pensé à les recenser. Mais ils sont probablement des milliers, du nord au sud de l'Italie, ces lieux de culte déconsacrés vendus au mieux offrant. Ici on en a fait un bar, là une maison de campagne ; ici un atelier d'artiste, là un garage ; ailleurs un siège de banque, une salle de réception, une bibliothèque. Il semble y planerencore comme un parfum d'encens, comme si, la messe finie, l'esprit (saint ?) des lieux flottait entre les murs.
Signe supplémentaire de l'appauvrissement de l'Eglise et de la sécularisation d'un pays où la religion catholique fait tout pour maintenir sa part de marché ? Peut-être. Mais ce n'est pas cet aspect de la question qui a poussé le photographe milanais Andrea Di Martino, 46 ans, à planter son appareil à l'entrée de chacune de ces églises. Cadrage identique comme pour une photo d'identité : l'effet est à chaque fois saisissant et poétique, comme "la rencontre d'un parapluie et d'une machine à coudre".

Mis à jour (Dimanche, 25 Novembre 2012 18:20)