Compte rendus de la commission des finances, questions diverses (culture et CPER)
SÉNAT - Mardi 7 janvier 2014

 

(extrait)

M. Jean Germain. - Je suis de ceux qui considèrent qu'il faut un ministère de la culture. Lorsqu'ils l'ont créé en 1959, avec une pérennité de dix ans, le général de Gaulle et André Malraux avaient une certaine idée de la culture, de la France et de sa présence dans le monde. N'en a-t-on plus besoin aujourd'hui ? Rappelons le combat pour l'exception culturelle, pour une culture qui ne soit pas une marchandise comme les autres ; rappelons la longévité de Jack Lang rue de Valois, que nous vous souhaitons : il faut de la durée pour agir dans ce ministère ! De 1969 à 1981, il y eut onze ministres, dont nous serions bien en peine de citer les noms !

Le rapport des deux inspections indique la contribution de la culture à l'économie et relève la nécessité de traiter la question des plates-formes numériques. Dans sa conclusion, il évoque une corrélation plausible entre implantation culturelle et dynamisme local, au-delà du fait que la culture emploie 670 000 personnes, et que les deux secteurs les plus productifs sont le spectacle vivant et le patrimoine, en y incluant les musées. Or, pour la première fois depuis 1959, la circulaire du Premier ministre aux préfets de région sur la préparation des nouveaux contrats de projets Etat-région (CPER) ne parle pas de culture. C'est une erreur ou un oubli qui me semble devoir être réparé.

Mme Aurélie Filippetti. - Merci pour votre soutien ! Je ne puis qu'acquiescer. La culture est un secteur structurant ; ce n'est pas la cerise sur le gâteau. Elle est au coeur de notre histoire, de la citoyenneté française : André Malraux, voire Jean Zay avant lui, ont considéré que la culture faisait partie du projet national. L'action de ce ministère, qu'on dit souvent très parisien, se déploie en réalité dans tous les territoires, où s'épanouit la vitalité du tissu créatif : spectacles vivants, arts visuels contribuent à la dynamique économique, et pas seulement par les festivals. J'ai fait remarquer l'oubli de la circulaire que vous évoquez : il m'a été répondu que la culture était transversale et, bien entendu, présente dans tous les esprits. Un rappel des parlementaires serait malgré tout bienvenu...

On constate malheureusement aujourd'hui qu'un certain nombre de collectivités territoriales diminuent leur budget culturel. Il ne faudrait pas que cela engendre un effet boule de neige et que chacun soit amené à faire des économies sur la dépense culturelle, au risque de créer un effet récessif très négatif. C'est pourquoi je travaille avec la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture, afin de faire prendre conscience à tous les élus responsables, hors du cercle des spécialistes, des externalités positives de la culture. Des possibilités de délégation de compétence - et non de transfert - sont prévues dans la loi ; mais je veux préserver le rôle moteur des directions régionales des affaires culturelles (Drac). Malgré des équipes peu nombreuses, leur expertise scientifique et technique est indispensable, notamment pour accompagner les petites communes.

Mis à jour (Mercredi, 15 Janvier 2014 21:40)