Architectes : péril en la demeure
Les Echos – le 20 mars 2015
Par Catherine Sabbah


Moins de commandes publiques, des chantiers privés peu rémunérés, des missions tronquées… Les 30.000 architectes français voient leur rôle se réduire comme peau de chagrin. Derrière quelques stars mondialement connues, une nébuleuse de microstructures a du mal à boucler ses fins de mois.
Une dizaine de réponses, dans le cadre d'un appel d'offres pour une flotte de voitures ou des photocopieurs, c'est déjà beaucoup… Mais lorsqu'il s'agit de construire un bâtiment de plusieurs millions d'euros, une collectivité reçoit plus de 200 dossiers. Même pour une crèche ou une école maternelle… A chaque fois, le même enthousiasme - ou le même désespoir - pousse des dizaines d'architectes à tenter leur chance. L'anémie qui affaiblit la profession ne fait pas la une des journaux, plutôt occupée, lorsque l'on parle d'architecture, par les photos de réalisations spectaculaires ou les dérapages des grands chantiers. Pas de casse d'un outil industriel inexistant, pas de millions de chômeurs supplémentaires, les architectes ne sont que 30.000 en France et la plus grosse agence, qui regroupe aussi des ingénieurs, ne dépasse pas 600 salariés. Pourtant, les difficultés économiques de ces PME peuvent causer d'autres dégâts. Les architectes conçoivent les bâtiments dans lesquels nous vivons et travaillons, élaborent pour longtemps la forme de nos villes… Qui, sinon eux, veulent, et peuvent défendre la qualité architecturale, qualifiée d'intérêt public par la loi ?
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Mis à jour (Mercredi, 25 Mars 2015 20:22)