La Ville de Rouen pourra vendre les églises Saint-Paul et Saint-Nicaise
Paris-Normandie – le 15 mars 2015
Par P. Bertrand

En finalisant le processus de désaffectation des églises Saint-Paul et Saint-Nicaise, la Ville de Rouen se donne la possibilité de vendre ces deux édifices à des promoteurs. Y a du logement dans l’air.
La rénovation de l’église Saint-Nicaise n’était pas inscrite au budget du premier plan patrimoine de la ville, en 2012. L’église ne sera pas non plus inscrite au prochain plan de sauvegarde des monuments rouennais. Reste à savoir alors à quel avenir elle est promise.
Lundi dernier le conseil municipal a achevé le processus de désaffectation de cet édifice, en même temps que celui de l’église Saint-Paul. Un paraphe du préfet et la Ville pourra disposer de ces deux édifices à son gré. Pour l’une et l’autre, « mon souhait serait de trouver une utilisation qui ne soit pas publique », commente le maire au sortir de la réunion des élus. Pas question en effet pour Yvon Robert de plomber le budget municipal avec deux rénovations fort coûteuses et vaines.

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La municipalité socialiste de Rouen aimerait bien mettre en vente l’église des pauvres : tout un symbole
Mediapart, le 30 mars 2015
Par Bertrand Rouzies

Lorsqu’on évoque entre amis les professionnels de la politique, il arrive souvent qu’un préjugé favorable épargne aux troupiers du front municipal les gracieusetés dont on accable les députés ou les ministres qui planifient le prochain désastre au quartier général. J’ai du mal à comprendre cette relative bienveillance, tant il nous vient de témoignages de partout d’une répercussion de l’émulation mimétique malfaisante à tous les échelons de la représentation, comme s’il était fatal que tout pouvoir rende suprêmement impuissant et supérieurement idiot. Oui, j’ai du mal à comprendre une telle bienveillance ou plutôt je ne la comprends que trop bien, s’il ne fallait considérer que l’argument publicitaire et apparemment imparable de la proximité. Nos oreilles en ont été tellement rebattues qu’après en avoir ri, nous y croirions presque. Certains édiles sont proches des citoyens, certes, mais de loin, furtivement, de peur peut-être de leur devoir des comptes sur ce qui importe réellement. J’aurais aimé que les édiles de ma ville fissent mentir cette mauvaise impression que j’en ai. Ce cri d’alarme est la dernière chance que je leur laisse de me prouver qu’ils n’ont pas totalement perdu la boussole.
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Mis à jour (Dimanche, 19 Avril 2015 14:42)