Veut-on vraiment la mort des CAUE ?
D'A - le 6 mai 2015
Par Christine DESMOULINS

Dans le n°233, nous évoquions les difficultés de trésorerie des CAUE liées depuis 2012 aux retards de recouvrement et de versement des taxes qui les financent. En publiant un communiqué éloquent intitulé « Qui veut la mort des CAUE ? », le CAUE 92 sonne à nouveau l’alarme.


Philippe Laurent, maire de Sceaux, président du CAUE 92, de l’Union régionale des CAUE d’Île-de-France et vice-président de l’Association nationale des maires de France, et Jean-Sébastien Soulé, directeur du CAUE 92, insistent sur le « très grave dysfonctionnement de reversement » qui conduira « le CAUE à mettre au chômage l’ensemble de son équipe et induir[a] des suppressions d’emplois chez de nombreux prestataires » si les services des ministères concernés ne réagissent pas et sur ces « incuries de reversement » qui menacent de nombreux CAUE. Dans les Hauts-de-Seine, Jean-Sébastien Soulé a « la chance d’avoir le soutien du département ». C’est aussi le cas d’autres CAUE, mais la survie de ces structures ne saurait reposer que la qualité de cette relation.

L’Aude, l’Aveyron, la Martinique et l’Eure-et-Loir sont très touchés et la moitié des CAUE recourent à des solutions de fortune : emprunts, subventions exceptionnelles du département, voire licenciements. Le rapport d’activité du CAUE de la Côte-d’Or (CAUE 21) (1) rappelle que son président, Alain Houpert, sénateur et conseiller municipal de Dijon, a demandé par question écrite à la ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité de « lui communiquer, pour chaque CAUE départemental, le solde restant dû de l’ancienne taxe départementale du CAUE » et s’il peut « se porter garant de la rentrée de la taxe d’aménagement, pour que les CAUE en très grande difficulté financière puissent obtenir des prêts relais ». En 2014, l’effectif de ce CAUE est passé de neuf à six personnes sans remplacement. « Nous avons perdu une urbaniste, un paysagiste et un historien et de fait une partie de la pluridisciplinarité qui faisait une force de notre association », dit Félicien Carli, le directeur. « L’équipe restreinte tente de faire face. Chaque semaine, nous découvrons le montant de la taxe qui nous est attribuée (elle varie de un à quatre). L’État nous doit plus de 400 000 euros. Nous attendons un courrier de sa part pour pouvoir ouvrir une ligne de trésorerie auprès de notre banque. Avec un compte à ZÉRO, combien de temps tiendrons-nous ? »
(…)

Mis à jour (Mardi, 12 Mai 2015 20:53)